L'horloge aux oiseaux...

   

   Je suis à nouveau immergée dans la maison parentale qu'il faut désormais apprendre à quitter. Ce n'est pas facile. Je pense au tic-tac de la pendule aux oiseaux , objet dérisoire reçu comme cadeau publicitaire d'une commande maternelle par correspondance, elle accompagne les premières heures de cette nouvelle journée d'hiver. Le chauffage central au fuel fonctionne et la maison est intacte dans son habit muet de souvenirs d'enfance. Le corps retrouve cette facilité d'aller d'une pièce à l'autre entre petite cuisine et salle à manger familiale devenue trop silencieuse. Mais rien n'est triste ici car les murs se souviennent des jours heureux. Il suffit peut-être de les aérer, les alléger, les prolonger aussi avec tendresse... Le portrait de ma mère, celui de mon père et de toute cette kyrielle d'enfants petits et de petits-enfants accompagnent mes rêveries d'orpheline. Je n'ai rien vraiment perdu, juste les rires en cascades...