L'amitié vivante

Cette semaine a été particulièrement riche en rencontres ou signes de présence amicale et je l'ai savourée sans modération. La note que j'écris aujourd'hui aurait dû l'être hier, mais il m'aurait fallu une journée de 24h non stop pour avoir le temps de la rédiger. Je triche donc un peu... Il est étonnant  pour moi de constater l'importance que représente ce rendez-vous d'écriture publique que je me donne avec un certain enthousiame lequel n'a même pas besoin d'être encouragé de l'extérieur. L'élan me porte vers cela, élan dont parle Béatrice de Jurquet dans son excellent recueil de poèmes intitulé Quelqu'un écoute, sans mentionner si c'est interrogatif, affirmatif ou contemplatif. Chacun.e le lira à sa manière ou passera à côté sans que ça prête à conséquence fâcheuse. J'aime cette légéreté et cette gratuité du geste d'écriture, comme celui que l'on fait volontiers sur une plage mouillée en attendant le gommage rituel des vagues qui marquent le temps. Ecriture qui nous invite à fabriquer quelques digues, qui ne doivent en aucun cas devenir des remparts. Je suis au bord de l'eau ce matin, assise devant la nappe apparente des mots qui attend le mouvement et l'anticipe devant mes yeux en ondulant sa forme comme un mirage dans un désert brûlant. Je ne suis pas seule à lire et à écrire. Mes voisin.e.s d'encrier sont en grand nombre et ça me convient bien. Il faut laisser venir ce qui est bon à vivre. L'amitié en fait partie.