Pascal Commère | Mémoire ce qui demeure

 

 

 

 

 

La campagne, ils disent

La campagne.

 

Comme on parle d’une table,

des chaises,

 

ce qui s’ajoute en suite des jours,

des brocantes.

 

Les pipes en merisier, cendriers

de plâtre, abat-jour

 

qu’on marchande ou

s’adjuge un dimanche.

 

Cela. – Quand d’autres,

 

retenus au soir en raison

d’ongles sales,

s’asseyaient

 

dans des maisons noires

sur des caisses retournées

 

|||

 

 

 

Ou quelque chose

d’eux

-de nous

des mots,

des silences,

 

le bourdonnement d’une

mouche autour du

torchon sale.

 

Des gestes, à coup sûr

qu’on connaît

 

rien, qu’ils disent. Pourtant

de la vie – n’arrêtent pas

 

 

|||

 

Les luzernes cassent sous la semelle,

la taupe a du temps libre.

 

Sur la terre, et

tout près

 

avec la terre,

avec.

 

D’autres – ce qu’ils fabriquent

des choses lourdes .

 

Les convois.

 

Ce qui n’est pas encore, un jour

vient dans nos mains,

 

tire les yeux vers le bas

-dans les visages. Et autour

 

du temps, un trop plein

d’images.

 

 

 

Pascal COMMÈRE 

Mémoire ce qui demeure

Editions Tarabuste | 2012| p. 39,44,63