ECRIRE, PEINDRE... Gabriel Le Gal

 

 

 On voit sous les échafaudages

 Bouger des ombres

 Au plafond de la Sixtine

 On devine la main

 Qui refait la lumière

 Qui nettoie

 La Création

 

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Tenir le monde

Un instant

Au creuset du poème

 

Et le jouer

 

Pour le rebond

 

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Au poème faut-il

Lui tenir le mors

Qu'il ne s'emballe

Qu'il tienne jusqu'au soir

Qu'on ait du temps pour le paysage

Pour tout le paysage

Qu'il soit crédible ?

 

Ou qu'il fulgure

Aveuglément ?

 

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Ordonner

Tant bien que mal

Relier

Nombrer

Cela est notre lot

Mettre en mesure

Inlassablement

La démesure

 

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Ce qu'on fait chacun du désir

Et de sa démesure

Cela est notre vie

Comme on s'y prend

Comme on s'en tire

Comme il nous prend

Comme il nous tire et nous désassemble

Et ce qu'il faut de ruse

Et ce qu'il faut tailler

Ce qu'il faut rassembler

Ce qu'il faut consentir

Et ne pas se lâcher

Que la démesure n'ait donné sa mesure

Que de la démesure

On n'ait tiré mesure

La plus juste

La plus risquée

 

 

 

de Gabriel LE GAL, Ecrire, Peintre...

Mille et un jours | 1998 , pages 21,46,47,55.