Mardi 24 Janvier | C.J. J III en réédition chez P.O.L.

Reçu hier au soir ce magnifique livre de Charles JULIET, en version poche du Journal III , jaquette soignée comme les deux précédents, une photo de l'amie Sylva VILLEROT. Le cadeau est somptueux, arrivé au bon moment. Envie de le partager afin qu'il vienne immédiatement à la rencontre de ses lecteurs. Parmi les journaux, il est mon préféré, celui que j'ai lu en premier après L'année de l'éveil. Il a été écrit entre 1968 et 1981 entre 34 et 47 ans. Dans cette édition, aucune préface, le livre débute? par une phrase qui donne le ton : Avril  - Je n'ai pas l'énergie qui me permettrait de vivre à la hauteur de mon exigence | Pourquoi cette recherche de la vie que je poursuis à l'aide de l'écriture, ma paraît-elle parfois si éloignée de la vie ? La toute dernière page parle de l'automne : Fin septembre. Joie de retrouver la ville. Des feuilles qui ont perdu leur éclat et cet ardent vouloir-vivre qui les déployait, les dressait sur le ciel. Poussiéreuses. Renonçantes. S'infléchissant vers la terre. | Brumes de la mélancolie.Déclin.Lente approche de la mort...| La feuille s'entoure d'un mince liséré jaune qui va s'élargissant, puis la gagne en son entier. Et ceux ou trois semaines plus tard, c'est toute une mêlée de couleurs allant du vert sombre au rouille et à l'or, et dont je ne puis me rassasier. | Plaisir de marcher dans les feuilles qui jonchent le sol, et d'où monte une légère odeur de décomposition. | Splendeur qui s'éteint en brûlant, automne, automne, saison mienne... Saison pour moi faite femme, regorgeant de fruits, d'offrandes, de cette riche et maternelle et déclinante lumière qui m''émeut, m'exalte et me déchire, me parle de ma mort, avive ma passion de la vie...Lumière où je déchiffre un drame. Lumière dont je me saoule. Que j'amasse en mou abondamment avant qu'elle ne me livre au froid et à l'énigme de la nuit.