Lundi 23 Janvier

Une journée très contrastée. D'abord le travail : tâches informatiques, paperasses, discussions, conférence, réunion... Ensuite la rencontre amicale de haute importance coupée par un appel téléphonique... Je viens de perdre un oncle paternel, l'aîné, un militaire haut gradé, que je connaissais peu... Je l'apprends brutalement par un autre oncle avec qui les relations ont toujours été bonnes et suivies, un personnage de l'enfance. Mon père est le plus jeune. Tous les trois ont été orphelins trop tôt, leur mère très aimante, a disparu en 38. Les frères ont été dispersés.. Le passé reflue comme un tsunami... Moment d'effondrement suivi d'une furieuse envie de recoudre les pans de mémoire dévastée. Tout cela sous le regard de l'ami compatissant. Nous échangeons des livres, nous nous parlons beaucoup. Je finis par oublier ce deuil de parenté si proche par les liens du sang, si lointaine par défaut de communication depuis l'enfance. Et je pense à mon père, à sa réaction à l'annonce de la perte du grand frère...dont il s'est éloigné par la force des destins désolidarisés.  J'appelle mes propres frères. On ajourne à demain la révélation au père de cette mauvaise nouvelle.. Je me surprends à imaginer une façon de  formuler l'événement pour moi même, puis  pour les miens d'une façon différente. Il n'y a pas de chagrin, seulement de la tristesse et de la désolation. Un heure de conversation avec le fils du défunt. Enfant unique que nous n'avons pas côtoyé non plus... Une avalanche d'informations se déverse dans mon oreille. C'est comme si nous nous connaissions depuis toujours.Conversation surprenante, surréaliste même. Le courant passe , fluide, les réponses suivent les questions. Nous relions les berges de nos visions familiales respectives. Nous sommes sur la même longueur d'ondes et un peu abasourdis d'avoir tant dit en si peu de temps...