Cortège de l'errance

 

À la petite fille

qui froisse la rivière

tu n'as pas demandé son nom

Tu n'as pas dit le tien.

Tu as couru vers ta maison

aux volets clos.

 

La petite fille, là-bas,

habite la lumière

et ne connaît personne.

 

Les chemins vont à l'infini

entre les buissons intouchables.

 

||||

 

Tu interroges ton visage

mais du miroir

surgit le vent.

Il te donne des ailes,

te montre l'océan :

la vague te reconnaît,

À petits coups de bec,

une mouette cogne

à ta vitre.

 

Sous le sureau

tu somnoles :

l'été s'enroule

dans son rêve.

La vie est-elle un jeu

d'ombre et de lumière ?

Tu attends.

 

Le cri du paon

transperce le silence.

 

Geneviève RAPHANEL, Chambre de feuilles,

Illustrations de Kélig HAYEL,

Le farfadet bleu , le dé bleu , 2001.