La vraie vie n'est pas dans un reflet... et pourtant...

Quand l'immeuble a laissé choir ses fenêtres dans le reflet d'un caniveau, rien ne laissait supposer que les habitants avaient eu le temps de percevoir l'astuce. Habitués comme ils le sont à maugréer en croisant les gosses bruyants dans la rue étroite, on les voit passer, le visage rétractile, car trop longtemps électrisé par la stridence d'éclats de voix mêlée aux  bruits de ville. Une majorité parmi les gens s'est rendue sourde, aveugle militante, par simple acquis de constance ou cumul d'impatience. Cela n'est pas nouveau ! Car rien de joli-joli aux alentours des poubelles grises, au bas des immeubles. Il nous faut souvent contourner ces tombeaux plastifiés à roulettes, sédiments de nos vies qu'on a su formater à la voracité exponentielle et folle d'encombrants camions-bennes ! Regarder ses pieds dans une rue de ville n'est ordinairement pas plus réjouissant ! Et pourtant, ce jour-là, Patricia rencontra le ciel dans une image. Elle l'a vit incomplète dans une ultime élégance, tendue pas les mains-cheminées d'une portion quelconque d'immeuble. La vraie vie n'est pas dans un reflet, mais elle y plante parfois ses maisons ivres de cosmos, rehaussées à la recherche d'un nouvel usage.  M.T  Peyrin  ©